Cet article étudie comment des dirigeants et des managers, à travers leurs interactions, matérialisent des relations d’autorité dans le cadre de pratiques de communication. Il cherche à comprendre comment ces processus donnent naissance à des relations de pouvoir dans les conversations. Pour cela, nous analysons en profondeur trois conversations dans lesquelles des dirigeants du constructeur automobile Renault accusent trois managers d’avoir vendu des données confidentielles à une entreprise étrangère. En nous appuyant sur la Psychologie Discursive, nous identifions la configuration de techniques discursives auxquelles les dirigeants et les managers ont eu recours pour co-construire l’autorité. La recherche montre : 1/ comment l’exercice de l’autorité dépend en fait des luttes de pouvoir qui se déploient pendant la conversation ; 2/ que l’autorité qui se construit pendant les interactions peut être sous-tendue par des configurations de droits variées, allant du fait de parler au nom de l’organisation jusqu’à la conduite d’un interrogatoire, la formulation d’accusations ou même la condamnation des subordonnées ; 3/ enfin, que l’exercice de l’autorité s’appuie sur une palette de techniques discursives dont les effets ne peuvent s’interpréter sans prendre en compte le jeu des réactions réciproques des participants.



