Le sentiment d’insécurité dans l’emploi est-il genré ? Une analyse aux niveaux individuel et organisationnel dans le contexte français.

Le sentiment d’insécurité dans l’emploi est-il genré ?  Une analyse aux niveaux individuel et organisationnel dans le contexte français.

Les femmes et les hommes sont-ils égaux face à l’insécurité dans l’emploi ? Des données objectives montrent que les femmes sont dans des situations professionnelles plus précaires, mais les conclusions des études sont contradictoires sur l’effet du genre sur le sentiment d’insécurité dans l’emploi. La ségrégation professionnelle genrée se traduit par le fait que les femmes et les hommes ne travaillent pas dans le même type d’organisations, en particulier en termes de type de stratégie et de type de gestion de l’emploi. Ces caractéristique de l’organisation employeuse peuvent alors avoir une influence sur le sentiment d’insécurité dans l’emploi. Nous identifions dans cet article les principaux facteurs individuels et organisationnels qui expliquent le sentiment d’inscurité dans l’emploi. Nous utilisons pour ce faire la base de données REPONSE de 2017 et estimons des modèles linéaires généralisés dont une série de modèles multiniveaux. Les résultats montrent que, même si les femmes ont des emplois plus précaires, elles travaillent dans des organisations plus protectrices, ce qui explique que leur sentiment d’insécurité dans l’emploi est identique à celui des hommes lorsque l’on contrôle les variables individuelles et organisationnelles.

Are women and men equal in the face of job insecurity? If there is some evidence on the objective less secure situation of women, literature on subjective job insecurity (JI) is contradictory about the effect of gender on JI. The occupational segregation is reflected in the fact that the companies in which women and men work do not have the same characteristics, particularly in terms of strategy and workforce management. These characteristics may influence perceived JI. Thus, the gender difference in JI could partly be explained by this phenomenon. We identify the individual and organizational determinants of subjective JI. We utilize data from the 2017 REPONSE survey and generalized linear models, including multi-level models. Our findings reveal that, although women hold more precarious jobs, they work in more protective organizations, which leads to a JI that is fairly close to that of men when controlling for individual and organizational variables.

À propos de l'auteur

Nom(s) SCHMIDT Géraldine; CORON Clotilde;
Institution(s) IAE de Paris;
Fonction(s) Maîtresse de conferences
Tags
  • emploi
  • Genre
  • Insécurité
  • Méthodes quantitatives
  • Enquête REPONSE
  • Egalité Femmes-Hommes