Cet article examine comment les start-ups mobilisent les intermédiaires pour accéder aux ressources au sein des écosystèmes d’innovation durable et technologique (EIDT). En nous appuyant sur une approche par chaînes relationnelles et sur des récits quantifiés de 90 start-ups durables et technologiques situées dans la même zone géographique, nous identifions sept modèles distincts d’utilisation des intermédiaires et les comparons entre les deux types d’écosystèmes. Nous contribuons à la littérature sur les écosystèmes d’innovation en montrant que l’engagement des intermédiaires suit des trajectoires plurielles, s’écartant du modèle linéaire souvent supposé dans la recherche sur les écosystèmes. Nous identifions également deux logiques d’intermédiation contrastées : l’émancipation, où les entreprises dépendent fortement des intermédiaires à leurs débuts puis réduisent progressivement leur dépendance, et l’accumulation, où elles accumulent progressivement plusieurs intermédiaires au fil du temps. En comparant les EIDT et les IIT, nous mettons en lumière le rôle souvent méconnu mais crucial des intermédiaires interpersonnels dans les écosystèmes d’innovation, qui fournissent un ensemble de ressources différent aux start-ups durables, tandis que les entreprises technologiques dépendent davantage des universités et des entreprises. Ces résultats enrichissent les typologies d’intermédiaires en y ajoutant des acteurs interpersonnels et révèlent que les mêmes types d’intermédiaires permettent différents ensembles de ressources en fonction du contexte de l’écosystème.


