Espaces, pratiques et transition dans l’organisation : une ethnographie en gares

Espaces, pratiques et transition dans l’organisation : une ethnographie en gares

Pitch pour le Prix FNEGE de la Meilleure Thèse en 180 secondes 2018 / Prix AIMS
De plus en plus, les membres des organisations sont en situation de mobilité permanente. Ils téléphonent en marchant, font des réunions à distance, ou sont présents dans des espaces de travail partagés pour un temps limité. Les lieux de travail sont davantage traversés qu’ils sont occupés. La gare illustre parfaitement ces tendances autant spatiales que temporelles. La question empirique au cœur de cette thèse a émergée dans le contexte actuel de la SNCF qui refond largement l’espace de ses gares et repense en profondeur le rôle de ses agents. Elle le fait sur fond de digitalisation de ses activités historiques. Dans ce contexte, le cas des agents commerciaux représente un changement de paradigme, avec des pratiques de travail de plus en plus mobiles et « dé-fixées ». Cette mise en mouvement des agents se heurte à une conception historique qui envisage la gare comme un ensemble d’espaces fermés, fixes et stables dans leurs fonctions et leurs usages. On cherchera donc ici à éclairer le point de vue de ceux qui organisent ces transitions par leurs pratiques de travail. Notre recherche démontre comment les pratiques sont performatives d’un espace-temps de transition. Pour que l’espace soit traversé, il nécessite des gestes qui sont autant de points de rencontres pour diriger, orienter, conseiller ou rassurer les voyageurs. Nous contribuons à la littérature en théories des organisations sur l’espace organisationnel et les pratiques corporelles en conceptualisant le rôle des gestes-frontières dans ces expériences comprenant des dimensions spatiales, temporelles, matérielles et corporelles.

Organisations’ members are increasingly permanently moving. They talk on the phone while walking, they attend meeting remotely and they share coworking space for a limited period of time. People are increasingly navigating their workspace rather than settling in it. The train station is a perfect example of this spatial and temporal trend. Our empirical question emerged from our fieldwork at the SNCF, which is currently reshaping space within its stations, and deeply re-thinking the role of its field agents. This reorganisation takes place in a context of digitalisation of the organisation’s historic activities. In that regard, we are seeing a paradigm shift in the role of commercial agents, who now become increasingly mobile. Moving agents contrast with a common historical perception of train stations as an aggregation of areas which functions and uses are closed, fixed and stable. In this doctoral work, we approach the transitional aspect of space as an experience and a process closely related to work practices. This study sheds light on the ways practices create a transitional spacetime. In order to the space to be crossed, movements are needed. Those movements are like meeting points which direct, orient, advise or reassure travellers. We contribute to organization theories literature about organizational space and embodied practices by conceptualizing the role of boundaries-gestures in those experiences which encompass spatial, temporal, material and embodied dimensions.

En savoir plus

http://www.theses.fr/s204793

À propos de l'auteur

Nom(s) GRANDAZZI Albane;
Institution(s) Université Paris Dauphine;
Fonction(s) Docteur en sciences de gestion
Tags
  • temps
  • ethnographie
  • corps
  • Espace
  • Pratique
  • Geste-frontière
  • expérience
  • espace de transition
  • gare

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